Le Tadorne

26 mars 2006

Le Kunsten Festivals des Arts à Bruxelles : l’émigration choisie.

 

neo_kfda_20050520_154233En mai 2005, en pleine campagne référendaire, je découvrais Bruxelles, son Festival et le foisonnement culturel d’une capitale connue par les Français pour ses institutions européennes. Accompagnée d’une amie de Bruxelles, elle était ma guide, toujours enthousiaste, pleine de vie...Européenne, quoi ! Nous avions assistés au concert mémorable d’Arcade Fire,  à un spectacle de danse assez hypnotique, à un concert – danse d’une troupe d’Afrique du Sud…

 

Surtout, j’avais été frappé par l’ambiance cosmopolite et de fête qui parcourait la ville. Les lieux du festival étaient profondément ouverts vers le public, pour le public. A côté, le cloître Saint Louis, lieu du Festival d’Avignon ou le Parc Henri Fabre du Festival de Marseille sont des camps retranchés. Là où les français protègent, ferment, les belges ouvrent, relient. Point de débat sur le théâtre avec texte ou sans texte mais place à la transdisciplinarité, aux croisements des cultures et à l’ouverture vers le monde!

 

Il y a tout de même un secret : ce festival est co-dirigé par des flamands et des francophones…

 

J’ai donc décidé de repartir à Bruxelles au mois de mai. Les deux ponts du calendrier vont devenir des passerelles pour franchir les frontières et vivre la trandisciplinarité. Le programme est en ligne et comme d’habitude, je ne connais pas la plupart des artistes invités. Je pars donc à la découverte même si le Festival propose deux créations phares et dont les auteurs font les beaux jours de la culture européenne : Alain Platel avec « VSPRS » et Romeo Castellucci pour « « M.#10 Marseille ». Certes, ils sont programmés en France (l’un au festival d’Avignon après un passage très remarqué au Théâtre de la Ville, l’autre en juin au Festival de Marseille). Mais voir ces deux artistes, loin de la France, m’ouvrira le regard et me permettra, j’en suis certain, de mieux appréhender la complexité de leur propos !

 

Pour le reste, mon calendrier m’impose 6 créations ! Je suis donc  prêt à me laisser surprendre par le « Lone Twin theatre », dirigé par Gregg Whelan et Gary Winters , qui joueront « Alice Bell ». Ces « performers-auteurs » vont diriger pour la première fois une troupe de cinq acteurs.

 

Toujours côté théâtre, “De mal en peor” par le Sportivo teatral , dirigé par le metteur en scène argentin Ricardo Bartis. L’Argentine a fait la une de l’actualité quand, en 2000, elle était au bord de la faillite. Cette pièce devrait porter un regard acide sur la société argentine. Autre plongée pluridisciplinaire mais cette fois-ci dans l’univers du Jazz avec Rudi Meulemenans qui propose avec « Swing » une vision du New York de la grande dépression économique à travers le destin d’un grand producteur de jazz, John Hammond.

 

Autre surprise à prévoir, la dernière création de la metteuse en scène, écrivaine et dramaturge Patricia Allio. A partir des écrits des écrits de Samuel Daiber, « fugueur dès l’adolescence, interné pour cause de résistance aux conventions, déchu de tout », Patricia Allio devrait avec « SX.RX.RX » décloisonner les disciplines et nous etonner !

 

Côté danse, deux rendez-vous seulement pour le Tadorne ! Le premier avec Brice Leroux qui avec « Pièces pour bras »  qui, comme son nom l’indique, devrait isoler une partie du corps. Reste à savoir si la danse sera au rendez-vous ! Rendez-vous aussi avec le surprenant chorégraphe Benoît Lachambre qui avec  «  Lugares Comunes » devrait nous proposer son regard décalé sur le lien.

Alors bien sûr, Le Tadorne ne pouvait s’arrêter là ! Attaché à ce festival comme à celui d’Avignon, ce modeste blog aura sur place tout au long du mois de mai, Peggy Corlin, journaliste, qui au grès de ces découvertes nous enverra de Bruxelles, des nouvelles du front pluridisciplinaire.

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